Pour la deuxième fois la foudre tombe sur le clocher de Preuseville 1965

L’adage selon lequel la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit est donc bien une idée reçue. Si la foudre est tombée quelque part elle a beaucoup de chance d’y revenir. car les conditions d’attractivité sont semblables.

On a rarement vu été plus orageux que cette année. Les jours où la pluie ne tombe pas sont exceptionnels et bien souvent les averses font suite à de violents orages accompagnés de tonnerre.
Ainsi en a-t-il été la semaine passée, dans la nuit du 19 au 20 juillet. Vers une heure et demie du matin, la foudre est tombée sur le clocher de l’église de Preuseville qui a subi de gros dégâts.
Avec M. Buré, le sympathique maire de la commune, et M. Follain conseiller municipal, nous avons pu constater l’étendue des dommages : toute la partie supérieure de la flèche est dénudée sur plusieurs mètres ; de plus, tout un pan de cette flèche octogonale est littéralement ouvert, les chevrons ont été déchiquetés et arrachés, les ardoises pulvérisées et projetées parfois à plus de 100 m. Les dégâts, couverts par l’assurance, ne sont pas encore chiffrés, mais ils dépassent sensiblement le million d’anciens francs.
C’est la seconde fois en moins de 20 ans que la foudre frappe le clocher de Preuseville dont la flèche d’une quinzaine de mètres de haut, se dresse sur un beffroi de 20 m. En 1947, il avait été déjà foudroyé : il avait fallu le refaire à neuf l’année suivante alors qu’avaient à peine disparu les stigmates de la guerre. Comme les autres immeubles de cette coquette localité sinistrée plus qu’à moitié, l’église avait en effet souffert pendant l’occupation. Bombardements alliés, chutes des robots V1 lancés depuis Le Hétroye, avaient mis à mal l’édifice religieux dont le clocher servait à l’occupant de poste d’observation.
En 1950, il avait été nécessaire encore de procéder à des réparations, un violent orage de grêle ayant cassé des ardoises.
L’église de Preuseville est récente puisqu’elle a été achevée en 1880 : c’est une belle construction de briques, encore dépourvue d’électricité. Sa tour abrite une cloche qui a été épargnée ; on a pu s’en assurer en la faisant tinter.
La foudre est un phénomène excessivement capricieux : on en a eu la preuve à. Preuseville. Après avoir frappé la flèche, il semble qu’elle ait suivi une descente de gouttière et pénétré dans l’église à hauteur de la voute pour en ressortir au chevet du cœur en brisant la fenêtre d’un vitrail.

L’écho de la Vallée de Bray n’813  mercredi 28 juillet 1965

 

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