Les Métiers de la Foret d’Eu « les bûcherons »

Dans la Forêt d’Eu,

forêt à feuilles caduques, les bûcherons étaient des travailleurs saisonniers. Les coupes de bois ayant lieu pendant la saison froide (1), c’est à dire pendant la morte saison pour les paysans, les laboureurs voisins du bois, s’employaient à l’abattage et louaient leurs services aux marchands adjudicataires ou coupaient eux-même le bois qui leur était accordé.

Une fois la coupe exploitée, les ouvriers rentraient chez eux, et commençaient le cycle des travaux agricoles par la coupe des foins, notamment des “prés flottés” des vallées de la Bresle ou de l’Yères, puis par la moisson. Cette rotation saisonnière des activités s’est poursuivie jusqu’au second conflit mondial.

Dans la majorité des cas, le bûcheron passait pour être un des plus pauvres artisans du bois ayant bien du mal à nourrir sa famille.

Depuis la fin des années cinquante, les méthodes d’exploitation des bois et leur débardage, du fait de la mécanisation et la motorisation des chantiers ont nettement évolué, transformant le paysage forestier, modifiant le travail et diminuant parallèlement considérablement le nombre des intervenants.

La mécanisation s’est substituée à une exploitation traditionnelle jusqu’au point de ne plus trouver aujourd’hui que quelques rares bûcherons locaux.

(1) L’abattage du bois se faisait en hiver parce quel suivant la croyance* la sève étant au repos à cette époque de l’année, le bois abattu en sève est moins bon que celui scié hors saison de sève.

 

Après la fabrication du CARCAHOUX, le travail dans la coupe commençait par le nettoyage au pied des arbres. Petits taillis, broussailles, épines étaient coupés à l’aide de serpes et de croissants et brûlés.

Si certains arbres risquaient lors de leurs chutes d’en abimer d’autres, l’intervention de l’élagueur était nécessaire. Ce dernier, appelé aussi botteur, parce qu’il « bottait » la tête des arbres, fixait alors des griffes (« cros » ou « agrapins »)* à ses pieds pour faciliter sa montée dans l’arbre, s’arrimait au tronc avec une ceinture et coupait à l’aide d’une petite hache les grosses branches et la houppe. En période de gelée, le vent rendait difficile un travail qui exigeait habileté et souplesse.

L’instrument par excellence des bûcherons était la cognée ;

La cognée était recommandée par les ordonnances « parce qu’elle coupait plus près de la terre que la serpe qui par ailleurs, était plus sujette à éclater la souche ».

Les bûcherons devaient prendre garde de ne pas abattre leurs arbres autant que possible les uns sur les autres, afin de ne pas abimer le bois qui n’était pas coupé; il ne fallait pas « incrouer »* les arbres des ventes voisines, c’est à dire laisser choir un arbre sur ceux qu’il fallait conserver.

L’abattage proprement dit pouvait commencer. A l’aide de larges cognées et de haches, une entaille (« intaille »)* était pratiquée à la base du tronc.

La grande scie, le passe-partout (« passant »)* finissaient la saignée jusqu’au premier craquement des fibres.

Une fois débité à l’aide d’une scie, le bois était « cordé », c’est à dire rangé en piles suivant les mesures du pays.

Les marchands n’avaient généralement qu’à constater si le bois avait été cordé, puis ils le faisaient enlever.

 

Les ouvriers de la Vente, prenaient leurs repas à l’abri d’un « Carcahoux » ou « Caho » (ici M. TUTIN, bûcheron retraité, natif de GUERVILLE).
La nostalgie du « temps des Carcahoux » est toujours présente. De nombreux particuliers de la région du Caule jusqu’à St. Pierre-en-Val édifient ces huttes traditionnelles dans leur jardin ou leur propriété. Elles constituent le symbole de cette terre de mémoire.

 

Origine: d’âpres Technique Forestière Ph Guinier

 

les principaux outils à main

1. Croquis montrant la symétrie du tranchant de la hache

2. Hache à fer court et étroit

3. Hache à tranchant légèrement dissymétrique

4. Hache à modèle lourd

5. Croquis montrant la dissymétrie de la cognée classique

6. Mode de fixation du manche des haches et cognées

7. Scie à denture triangulaire ininterrompue

8. Scie à denture triangulaire isocèle à gencives

9. Passe partout à dos aminci et à denture à dents de rabots

 

Association découverte environnement val de Bresle

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3 reflexions sur “Les Métiers de la Foret d’Eu « les bûcherons »

  1. HEUX Francis

    Bernard Tutin habitait Millebosc dont il a été garde-champêtre à la suite de son père. Il était marié avec Odette Richard, notre factrice après Lucie, sa mère. Ces « charges » étaient plus ou moins héréditaires.

    1. Diagana

      Bonjour, c’est mon grand-père Bernard tutin. Je suis la fille de Bernadette. Ma grand-mère s’appelait Marie Madeleine pas Odette. A tout hasard avez vous toujours cette photo en votre possession. Ce carcahoux avait été fabriqué par mon père et mon grand-père cest beaucoup de souvenirs pr moi. Merci a vous. Bne soiree

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