Les fusillés de la côte des Hayons

Nous sommes le 29 août 1944, il est cinq heures de l’après-midi, une Chenard et Walker quitte Saint-Saëns en direction de Aumale à son bord cinq FTP(1) du maquis du pays de bray (Paul Lesueur, Jacques Papin, Louis Fromager, Jean Auriol, Christian Barrais.)
Juste à la sortie de Saint-Saëns dans la cote Jacques stoppe la voiture pour proposer un adolescent qui marche dans la même direction de l’emmener, il s’agit de Maurice Maugis 17 ans pupilles de l’Assistance Publique, chargé un peu plus tôt dans la journée par son patron d’accompagner des chevaux réquisitionnés à Saint-Saëns, il souhaite regagner la ferme du bord des bois à Ménonval.
Après une rapide présentation du réseau ils reprennent la route pour arriver péniblement jusqu’au plateau des hayons, La Chenard commençant à montrer des signes de fatigue, ils décident de s’arrêter pour nettoyer le filtre

(La Chenard et Walker est une voiture qui fonctionne à l’essence mais Jacques Papin est contraint de la faire tourner avec un mélange de fuel- essence ce qui a pour effet d’encrasser constamment le filtre c’est pourquoi il préfère s’arrêter en haut d’une cote pour nettoyer le filtre)

à cet instant une traction avant les croisent et fait immédiatement demi-tour en haut de la côte avant de redescendre dans leur direction, ils sont tous les six autour de la camionnette quand la voiture noire bourrée d’Allemands s’arrête à leur hauteur quatre soldats allemand et leur corpulent capitaine descendent prestement de la traction et les fonds immédiatement alignés sur le bord de la route.
Les SS procèdent à la fouille du véhicule et découvre un fusil-mitrailleur rouillé bien caché sous la banquette avant,ils sont aussitôt encerclés pendant que le capitaine nazi hurle dés ordres qu’ils ne comprennent pas.
Les seuls mots qu’il comprenne pendant que les soldats effectuent une fouille au corps sont terroristes terroristes vous êtes tous des terroristes.
Maurice pris d’une soudaine panique se met à crier

– moi je ne suis là que par hasard ! Moi je n’ai rien à voir avec eux

– tous des terroristes vous êtes tous des terroristes reprend le capitaine allemand dans une rage folle.

Sous la menace ils sont aussitôt conduits à l’entrée d’un petit chemin qui se trouve à l’orée du bois situé à quelques pas en tant que FTP(1) ils connaissent la sentence ils vont être fusillés.

Sur les six hommes présents ce jour-là cinq sont exécutées, Louis Fromager 20 ans étaient Dieppois,Jean Auriol 26 ans vivait à Saint-Saëns de même que Paul Lesueur 19 ans,Christian Barrais 21 ans vivaient à Saint-Martin Osmonville, Maurice Maugis 17 ans.
Seul Jacques Papin parvient à leur échapper, si vous voulez savoir comment et comprendre pourquoi il ce trouvait la je vous invite à lire le livre de l’historien François Fouquet coécrit avec Jacques Papin « le sixième homme la résistance dans le pays de Bray »

Le 30 août 1944 le lendemain du drame des hayons Monsieur troussé garde champêtre d’esclavelles découvre les corps des cinq jeunes gens abattus par les militaires allemands.
Le 31 août 1944 la camionnette aménagée en ambulance de Monsieur Bolloret commerçant à Saint-Saëns transporte les corps des jeunes résistants alors que la population de la commune faite la libération par les soldats canadiens.
Quand la camionnette s’arrête place Maintenon les habitants découvrent alors l’horreur.

Les corps de Christian barrais et Paul Lesueur sont remis à leurs parents, pendant que ce de leurs camarades d’infortune sont conduits à la maison de retraite pour être pris en charge par les religieuses.

(Je n’est pas trouvé de photo de Maurice Maugis)

 

Deux ans plus tard le 29 août 1946 à 16h00 une stèle sera inaugurée en mémoire des victimes.

(1) FTP Francs-tireurs et partisans  Plus d’info ici

Sources: Le sixième homme la résistance dans le pays de Bray François Fouquet,Jacques Papin
Le Réveil du Pays de Bray

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12 reflexions sur “Les fusillés de la côte des Hayons

  1. Bouchy

    Bonsoir
    Je suis une généalogiste amateur ( Tarn et Garonne) . Christian Barrais était le neveu de mon arrière grand mère maternelle. J ai découvert son existence et sa fin tragique en me rendant à saint martin d’Osmonville en aout dernier. Cet article me permet de mettre un visage sur ce nom . Je vous en remercie. Je suis à la recherche d’autres membres de cette famille . Cordialement

    1. Barais Philippe

      Bonjour je m’appelle Barais Philippe et Christian BARAIS était mon oncle le frère de mon père j’habite toujours dans cette région.🙂

      1. Corinne Bouchy

        Bonjour Philippe
        J’ai pu grace à une généalogiste (cousine) entrer en contact avec Patrick votre cousin. Je lui ai transmis des photos du reste de la famille. Il m’a transmis des docs aussi .
        Merci de votre réponse

    2. ATOCA

      Bonjour ,
      Votre post date d un an alors vous avez peut-être retrouvé trace de la famille Barais de st Saëns
      Si ce n est pas le cas vous pouvez me contacter

      1. Corinne Bouchy

        Bonjour
        Oui j’ai pu entrer en contact très récemment avec des neveux de Christian Barrais.
        Merci d’avoir répondu
        Bonne journée
        CB

  2. Pichard Éric

    Ma mère a fait partie des habitants réunis par les SS, elle avait 18 ans et a vu les mitrailleuses en face, ils ont été relâchés suite à l’intervention de l’ancien commandant de garnison qui était en poste à Aumale, sans cela nul ne sait ce qui ce serait passé.

    1. Corinne Bouchy

      La division qui a détruit Oradour est passée dans mon village . Ils ont pendu 12 hommes et tué d’autres personnes dans la campagne. Je ne suis pas concernée directement mais ça m’émeut toujours autant . Je ne peux assister aux commémorations sans émotion.
      Dunes dans le 82.

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