Le Poteau Maître Jean

« On découvre à 1200 mètres près de la Forêt, le vallon solitaire de la Haute-Marderie (Haute maladrerie), fief qui fut cédé en 1670 à Monsieur de Caqueroy, Sire de Valny qui en augmenta l’étendue.

Il y construisit un castel qui disparut à la Révolution et des bâtiments, qui ont survécu jusqu’à nos jours.

Un fils du Sire de Valny fut admis au nombre des pages de Louis XIV qu’il accompagna dans plusieurs campagnes. A la mort de son père, en 1685, il vint habiter la Haute Marderie où Philippe d’Orléans, frère du roi, et son épouse vinrent le surprendre dans son manoir.

Accompagnés d’une nombreuse suite ils chevauchèrent dans la forêt et arrivèrent au carrefour de quatre chemins, ne sachant pas où se diriger. Apercevant un bûcheron: « Manant, lui dit le prince, pourrais-tu nous indiquer où demeure le sire de Valny ? « Voilà le chemin, répondit le bûcheron, et gare aux épines ! »

Philippe d’Orléans sourit à cette réponse inattendue, et, tendant une escarcelle au bûcheron : « Tiens, Maître Jean », lui dit-il. Depuis, le poteau qu’on a élevé en cet endroit a conservé le nom de Poteau Maître Jean.

Après quelques chevauchées, les deux époux qui ne connaissaient point du tout ces parages, ne s’entendirent point sur la voie à suivre et chacun prit celle qui lui sembla meilleure.

Monsieur suivi de ses écuyers, s’enfonça dans la forêt, dans un vallon qui prit le nom de Vallée Monsieur, et Madame d’Orléans, avec ses dames d’honneur, se trouva au sortir de la forêt à l’entrée d’un autre vallon qu’on appela depuis le Fond Madame. Les deux troupes se rencontrèrent en face du manoir au pied d’un monticule qu’en raison de sa forme on dénomma le Pain de Sucre.

Le sire de Valny se montra touché de cette visite inattendue et fit servir à ses hôtes un repas frugal de laitage et d’œufs ; mais quand on lui parla de reparaître à la Cour, il refusa. »

(N. DUPRE. – Histoire de la Commune de Réalcamp, 1911).

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