La Résistance dans le Vimeu

 

 

 

 

En 1939, Marcel Dolique avait déjà « une situation » : il était marié et père de 2 enfants.
Né le 27 janvier 1915, il est « pupille de la Nation » : son père avait été tué au cours de la Grande Guerre, quelques semaines après sa naissance, alors qu’il n’était âgé que de 27 jours. Il avait donc, durant toute sa jeunesse, été profondément marqué par ceci et avait en lui la haine des Allemands, « cause » de son orphelinat.
À la déclaration de la seconde guerre mondiale, il fut mobilisé et engagé dans les opérations militaires. Fait prisonnier, il s’évada afin d’éviter la captivité et rejoignit Gamaches où il fut contacté par le colonel Pierre Vaujois pour entrer dans la Résistance. Bien que plus âgé, il connaissait les risques encourus.
Il signa son engagement en 1943.
Il devint « Richard » dans les Francs-Tireurs-Partisans Français (FTPF), matricule 2627.
Dès son engagement, il cachait des Résistants dans sa maison, avec l’aide de sa femme Bernadette (décédée le 01/04/2014), de Pierre et Charles Sellier.
Pour avoir aidé des aviateurs américains, le gouvernement des États-Unis l’a décoré et lui a accordé le grade de lieutenant honorifique de l’armée des États-Unis.
Il disposait en temps que menuisier, pour effectuer le transport des matières premières ou finies, d’une camionnette pour laquelle il possédait un « Ausweiss », ce qui lui permettait d’effectuer des transports pour la Résistance (mines volées sur le mur de l’Atlantique qu’il cachait dans un puits chez sa mère). Ces mines furent utilisées pour divers sabotages comme celui de la centrale électrique de Beauchamps.
Il a été nommé Lieutenant honoraire de l’Armée des États Unis par le Général Eisenhower et est inscrit au Livre d’or du « Brother Wood of Arm Military.
Il est décédé le 16 juillet 2011

Ses décorations :

Médaille de membre interallié de la Résistance force JMOS
Médaille de la Fédération Nationale des Combattants républicains
Croix du Combattant volontaire avec barrette
Médaille de la Résistance

 

 

 

Né le 16 octobre 1924 à Saint-Quentin Lamotte, dans une famille où les vertus
patriotiques étaient solidement ancrées, Pierre Guillot a suivi le chemin tracé.
Il a 16 ans, lorsque le Général de Gaulle lance son appel historique sur les ondes. Sans la
moindre hésitation, il se range du côté de cette jeunesse française admirable, héritière des poilus de 14-18 qui n’accepte pas de supporter le joug nazi ni la collaboration.
Son père, président des Anciens Combattants jusqu’en 1942, année de son décès, un mutilé
de la première guerre mondiale où il perdit un oeil, son frère Marcel, instituteur, résistant, arrêté
puis déporté au camp de concentration de Neuengamme, lui-même requis par l’occupant, il a 18 ans, et n’a qu’une idée en tête : trouver une filière pour entrer dans la Résistance… Dans l’attente il forme un petit groupe pour nuire à l’ennemi par des actes individuels.
L’occasion se présente enfin ! Il signe son engagement pour entrer dans les rangs des
FTP ; il fait partie à partir de juin 1943 de la 3ème Compagnie FTP du Vimeu. Il participe avec
tes amis Résistants à de nombreux sabotages, des déraillements, des attaques de convois
ennemis….
Puis il participe à la Libération de Gamaches ; avec ses compagnons, il faisait partie d’ un
maquis dans la forêt d’Eu…. C’est à cette époque que lors d’une attaque de convoi ennemi, son
compagnon André Delignières fut tué à ses côtés.
Le 2 septembre 1944, avec ses amis, ils libérent la ville de Gamaches.
Puis c’est la constitution du bataillon 8/2 à Abbeville qui regroupait 850 hommes. Il prit
part à la dure bataille des Ardennes lors de la contre-attaque allemande. Ensuite,il rejoignit, avec ses compagnons, la poche de Saint-Nazaire jusqu’à la fin de la guerre.

Sa bravoure et son esprit de sacrifice lui vaudront de recevoir :

* la Croix du combattant 1939-1945
* la Médaille de reconnaissance la Nation 1939-1945
* la Croix du combattant volontaire de la Résistance
* la Croix des combattants volontaires 1939-1945
Il est décédé le 21 janvier (ou 22) 2013

 

Madame Holleville n’avait que 26 ans lorsqu’en 1943, ne supportant plus l’attitude des occupants, elle s’engage dans la Résistance.
Elle a alors intégré les FTP et s’est trouvée sous les ordres du lieutenant Fuzelier, un
homme réputé pour son exigence.
Agent de liaison dans la vallée de la Bresle et dans le Vimeu, elle sillonnait toute cette
région à vélo. Elle dissimulait les messages dans le guidon pour les apporter aux destinataires.
Celle, qui très vite, fut surnommée « Jeannette » par ses compagnons de l’armée de
l’ombre et qui garda ce surnom par la suite, ne ménageait ni sa peine, ni ses efforts pour mener à bien les missions qui lui étaient confiées. Elle ne se contentait pas de livrer les courriers interdits, c’est à elle qu’incombait parfois de trouver des caches dans la région lorsqu’un Résistant devait se faire oublier. C’est elle aussi qui, toujours sur son vélo, transportait des armes lorsque cela était nécessaire et se livrait aussi à la distribution de tracts.
Le sens des responsabilités, le sang-froid et aussi un peu de chance ans doute lui auront toujours permis d’évité une arrestation qui lui aurait sans doute coûter très cher.
Adhérente à la section gamachoise de l’ANACR (Association des Anciens Combattants et Amis de la Résistance), Madame Holleville était de nombreuses fois venue au Collège de Gamaches rappeler aux élèves l’œuvre des Résistants et tous les risques encourus et elle en parlait avec émotion et ferveur ayant toujours une petite anecdote à raconter.
Elle avait été décorée à deux reprises en remerciement des actes qu’elle a accomplis.
Elle pouvait arborer la Croix du Combattant ainsi que la Médaille Commémorative 39-45 lors des cérémonies officielles auxquelles elle prenait part.
Épouse d’André Holleville, lui aussi issu d’une famille de Résistants bien connus à Mers les-Bains, Jeanne Holleville était la mère de quatre filles, grand-mère et arrière grand-mère.
Elle est décédée en janvier 2004 à Mers-les-Bains.
La ville de Mers, reconnaissante, a décidé de mettre les drapeaux en berne dès l’annonce de son décès et jusqu’aux obsèques.

 

Militaire de carrière et patriote dans l’âme, il joua un très grand rôle et mena une action efficace dans la Résistance en Picardie, faisant partie en cette sombre époque de l’état-major de la Résistance.
Mobilisé dans une unité combattante en 1939, alors qu’il était gendarme à la brigade du Portel (Pas-de-Calais), il fut d’abord envoyé dans l’est de la France. En 1940 alors que les troupes allemandes affirmaient leur avance de jour en jour, il se distingua une première fois à Rouen en sautant avec ses hommes sur le pont qu’il défendait. Un acte de bravoure qui lui valut alors une citation…à titre posthume, les autorités d’alors l’ayant considéré comme disparu.
Après être descendu jusqu’à la frontière espagnole, il remonta en
Indre-et-Loire où il rejoignit le maquis d’Epernon.

À la suite de quoi, il revint en Picardie où il fut reversé dans la gendarmerie, à Amiens, comme lieutenant et adjoint du commandant de compagnie Millot.
Sa situation privilégié auprès des autorités allemandes allait lui permettre d’entamer une action efficace contre l’ennemi. Il entra dans la clandestinité et, avec la complicité et la collaboration de plusieurs chefs de brigade, il fonda le réseau « Charles de Gaulle », un groupe composé en grande partie de gendarmes du département de la Somme et, en particulier de la région amiénoise.
Sous le nom de guerre de « Erudreval » -lettres inversées de Laverdure-, il commandita et participa activement à de nombreuses actions de la Résistance, notamment au sabotage du standard téléphonique d’Amiens.
À la libération, le commandant Laverdure exerça pendant quelque temps les fonctions de Préfet de la Somme en attendant l’installation du Préfet officiel. Il forma et commanda d’autre part le bataillon 7/2 des F.F.I de Picardie qui, stationné à la caserne Dejean, se tint prêt à participer le cas échéant à diverses actions dans les Ardennes et à l’Est du pays.
Envoyé en occupation en Allemagne après la guerre, le commandant Laverdure demanda, après 15 ans de service,à se retirer de l’armée profitant ainsi d’une loi de l’époque sur le dégagement des cadres.
Il décide alors de s’installer à Gamaches pour y fonder une entreprise spécialisée dans la fabrication de meubles de jardin.
Chevalier de la Légion d’Honneur, le commandant Laverdure est titulaire de nombreuses distinctions dont la Croix de Guerre 39-45, la médaille de la Résistance, la Croix du Combattant et la Croix du Combattant volontaire de la Résistance (A.N.A.C.R.) et président de la section de Gamaches de cette association.
Le commandant Laverdure est né le 19 janvier 1908 et est décédé le 17 février 1988.

 

Jacques Lerouge, né le 21 janvier 1923, à Gamaches appartenait à une famille d’artisan. Il était apprenti-maçon quand éclate la seconde guerre mondiale. Elle va le lancer dans une grande aventure : la Résistance.

1- Un jeune homme sur les routes de l’exode
Jacques Lerouge, à 17 ans, se lance sur les routes de l’exode à bicyclette.
Cette course forcée le mène jusqu’à Issoudun (Indre). Là, la guerre le rattrape : dans son avance foudroyante, l’armée allemande atteint le centre de la France. Dès lors, Jacques Lerouge considérant la fuite inutile (l’armistice étant
demandé) revient à Gamaches.

2- Dire non ! Mais comment ?
a) l’appel du Général de Gaulle
Jacques Lerouge entend le second appel à la radio (le premier, celui du 18 juin a été manqué en raison du brouillage des ondes et du manque d’informations sur les heures d’émission en français de la BBC).

b) un requis STO réfractaire
En 1942, Jacques Lerouge était requis par 2 fois (13 octobre et 28 décembre) par le STO pour travailler sur les fortifications nazies de la côte picarde. Grâce à son Ausweiss, il revient souvent chez son père à Gamaches. Il ne fait que de brèves apparitions chez les nazis pour ne pas être considéré comme déserteur. En fait le jeune homme n’y a travaillé que 2 mois sur six avant de plonger dans la clandestinité.

c) deux candidats pour la France Libre
Avec son copain Colin, Jaques Lerouge veut rejoindre Londres et le Général de Gaulle qui y a organisé la France Libre. Ils veulent passer par l’Espagne en franchissant les Pyrénées du coté de Bayonne. Un curé du lieu les décourage en faisant remarquer que les Espagnols les arrêteraient et les remettraient aux Allemands. D’ailleurs il leur dit « gagner l’Angleterre vous serez une fourmi parmi tant d’autres, tandis qu’ici vous avez mieux à faire ». « Il n’a pas dit quoi » remarque Jacques Lerouge avec humour.
Mais les jeunes gens avaient compris le message de l’homme d’église et aussi faute d’argent c’est le retour ves la case départ.

d) des Résistants à mains nues
Rentrés à Gamaches, Jacques Lerouge (dit Pierre) et Colin avec Roger Hardy, Robert Duchossoy (dit Charles) et Simone Peteau (dite Jacqueline) décident de nuire à l’occupant.
Sans armes ni explosifs Jacques Lerouge avec ses amis s’attaquent aux trains destinés à l’occupant. Simone Peteau, leur agent de liaison, leur transmettait les heures de passage des convois allemands communiqués par Duval, un employé de la SNCF de Gamaches. Jacques Lerouge muni d’une grosse clé démontait les éclisses, retirait les tire-fonds et le tour était joué.

e) le billet d’entrée dans les FTPF de Gamaches
Jacques Lerouge et ses copains, informés du passage d’un train allemand pour Longpré sabotent la voie de passage à Frettemeule. Mais un berger des environs signale ce fait à Mme Thorel la garde-barrières qui ne pouvait faire
autrement que de le signaler à son tour à la gare de Gamaches.
Dès lors, une draisienne avec des ouvriers et des Allemands viennent réparer la ligne ; ils poussent leurs investigations plus loin et découvrent que des explosifs avaient été placés sur les voies par un groupe de Résistants, anéantissant ainsi le travail de ceux-ci.
Par cet échec involontaire, nos jeunes sont remarqués et contactés par les groupes FTP à Gamaches. Ainsi Jacques Lerouge a intégré la 3ème compagnie FTPF du Vimeu.

 

3- De l’armée de l’ombre à l’armée nouvelle
a) avec la 3ème Compagnie FTPF du Vimeu

Jacques Lerouge participe à toutes les actions militaires de la Compagnie avec le grade d’adjudant et chef de groupe jusqu’à la libération de Gamaches et de sa région.
De ces actions nous en retiendrons une des plus spectaculaires :« l’attaque du train allemand de Chepy »
Ce train était à l’arrêt dans le gare de Chepy (sur la ligne Le Tréport-Abbeville). Bien sûr il était gardé. Cela n’a pas empêché le chef de goupe Fuzelier dit « Grosjean » et Jacques Lerouge de monter sur la locomotive de la mettre en marche et de la lancer à pleine vitesse. La Compagnie, placée sur le remblai mitraille le train pour empêcher les Allemands de s’échapper. Les dégats sont importants :

*des wagons ont été renversés
*des militaires allemands tués (plus de 100)
Ce fut une résistance militaire avec peu de moyens : pas d’armes lourdes, que des armes de poing.

Le groupe a eu des pertes à déplorer :
Porquier fusillé
Delignières torturé et fusillé
Carpentier torturé et fusillé
Fuzelier Francis blessé à l’épaule et décédé des suites de cette blessure.

b) contribution aux armées alliées
Avec le débarquement en Normandie, nos Résistants se voit confier de nombreuses actions :
*détruire des ponts comme celui de Vieux-Rouen (sur la ligne Paris-Le Tréport)
*détruire le quai d’embarquement de la gare de Gamaches
*empêcher les V1 de Bouillancourt-en-Séry de partir.

c) avec le VIIIème bataillon
Après la libération de Gamaches, les volontaires FTPF sont regroupés à la caserne d’Abbeville.
Le Commandant Loisy-Jarnier, issu des FTPF, le Capitaine Pruvost constituent avec eux le VIIIème bataillon composé de 800 hommes encadrés par des Résistants dont Jacques Lerouge promu au grade de sergent-chef.
Après un stage pour gradés à Compiègne, Jacques Lerouge rejoint le bataillon sur la côte atlantique pour renforcer l’encerclement des derniers soldats allemands dans la poche de Saint-Nazaire.
C’est dans cette région que prit fin l’odyssée de Résistant de Jacques Lerouge.
Il est démobilisé le 21 octobre 1945.

Il a reçu de nombreuses décorations récompenses et preuve de son courage et de son engagement :
Croix du Combattant 39-45 remise par Monsieur Max Lejeune
Croix du Combattant volontaire de la Résistance
Médaille de la Résistance
Reconnaissance de la Nation N° 8015150
Tous les ans il prend la Carte du Combattant 39-45 et la carte de l’ANACR Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance.

Chaque année, il répond présent à la demande des professeurs du Collège de Gamaches pour venir faire acte de mémoire auprès des élèves candidats au Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Mr Lerouge est décédé le mardi 17 mars 2020 à l’âge de 97 ans.
Son épouse Marcelle est décédée le 04 avril 2020 à l’âge de 94 ans.

 

Né au Tréport le 9 mai 1906 dans une paisible famille où les vertus essentielles sont ancrées, Marcel Oisemant a suivi la vie tracée.
Dès l’âge de 15 ans, après de bonnes études, il entre dans la vie active au comptoir d’Eu du Crédit du Nord et y accomplira 45 années de bons et loyaux services à Eu, Abbeville et
Gamaches.
En 1926, il effectue son service militaire dans l’infanterie et est rappelé en 1939 au dépôt d’infanterie n° 42 au Mans et démobilisé en juin 1940.
Le 7 décembre 1932, il épouse Odette qui sera sa compagne.

En 1937, naît son fils Gilles.

À la fin de l’année 1942, sous l’occupation allemande, alors qu’il venait rendre visite au percepteur Mr Carlier, grand résistant, il rencontre Pierre Vaujois. (celui-ci travaillait à la
perception). Mr Carlier et Pierre Vaujois lui parlent de la Résistance et de leurs projets.
Marcel Oisemant répond de suite présent à l’appel du Général de Gaulle.
Il est « embarqué » avec son épouse Odette dans cette aventure périlleuse, jalonnée
d’actions d’éclats et de risques inconsidérés.
Fin 1942, il fonde avec Mr Carlier, Pierre Vaujois et quelques autres un groupe local de
Résistance à Gamaches, Front National d’abord puis Francs-Tireurs et Partisans qui va participer activement à la lutte conte les Allemands.
Il accueille dans sa maison de la rue de Beauchamps (devenue grande rue puis rue Charles
de Gaulle) nombre de Résistants en difficulté dont certains recherchés par la Gestapo.
Il leur assure avec son épouse Odette couvert, leur fournit parfois caches, armes et explosifs,
assure les liaisons… Il secourt aussi des aviateurs alliés, abattus sur les côtes de la Manche
trouvant chez lui un refuge avant de regagner l’Angleterre.
Mais peu à peu, l’animation anormale qui règne autour de la maison attire les regards
indiscrets, la suspicion puis la dénonciation. Le couple est mis sous surveillance.
Un matin de 1944, il doit quitter en catastrophe son domicile, en chemise et pieds nus par
les derrières. Il échappe de justesse à la Gestapo et doit alors vivre dans la clandestinité.
Son action redouble alors d’intensité.
Son épouse, grâce à ses fonctions à la poste de Gamaches, fournit des renseignements
précieux qui permettront de sauver des Résistants, des réfractaires au STO et aussi de situer les agents de la Gestapo et de démasquer les traitres et les indicateurs.
Ils sont sauvés par la libération. Marcel participe aux combats de la libération et avec
Gaston Leroy met sur pied un Comité local et un Conseil provisoire de Libération.
En 1945, il fonde la section locale de l’ANACR dont il devient le Président jusqu’à sa
mort.

Il a reçu de nombreuses décorations pour ses éminents services dans la Résistance :

Médaille de la Résistance
Croix du combattant
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Médaille inter-alliée des États-Unis et de l’Empire britannique
Croix de guerre belge
Médaille commémorative du Général Eisenhower

Il est décédé le 07/10/1985

 

Né au Tréport le 9 mai 1906 dans une paisible famille où les vertus essentielles sont ancrées, Marcel Oisemant a suivi la vie tracée.
Dès l’âge de 15 ans, après de bonnes études, il entre dans la vie active au comptoir d’Eu du Crédit du Nord et y accomplira 45 années de bons et loyaux services à Eu, Abbeville et Gamaches.
En 1926, il effectue son service militaire dans l’infanterie et est rappelé en 1939 au dépôt d’infanterie n° 42 au Mans et démobilisé en juin 1940.
Le 7 décembre 1932, il épouse Odette qui sera sa compagne. En 1937, naît son fils Gilles.
À la fin de l’année 1942, sous l’occupation allemande, alors qu’il venait rendre visite au percepteur Mr Carlier, grand résistant, il rencontre Pierre Vaujois. (celui-ci travaillait dans la perception).
Mr Carlier et Pierre Vaujois lui parlent de la Résistance et de leurs projets.
Marcel Oisemant répond de suite présent à l’appel du Général de Gaulle.
Il est « embarqué » avec son épouse Odette dans cette aventure périlleuse, jalonnée d’actions d’éclats et de risques inconsidérés.
Fin 1942, il fonde avec Mr Carlier, Pierre Vaujois et quelques autres un groupe local de Résistance à Gamaches, Front National d’abord puis Francs-Tireurs et Partisans qui va participer activement à la lutte conte les Allemands.
Il accueille dans sa maison de la rue de Beauchamps (devenue grande rue puis rue Charles de Gaulle) nombre de Résistants en difficulté dont certains recherchés par la Gestapo.
Il leur assure avec son épouse gîte et couvert, leur fournit parfois caches, armes et explosifs, assure les liaisons…
Il secourt aussi des aviateurs alliés, abattus sur les côtes de la Manche trouvant chez lui un refuge avant de regagner l’Angleterre.
Mais peu à peu, l’animation anormale qui règne autour de la maison attire les regards indiscrets, la suspicion puis la dénonciation. Le couple est mis sous surveillance.
Un matin de 1944, il doit quitter en catastrophe son domicile, en chemise et pieds nus par les derrières.
Il échappe de justesse à la Gestapo et doit alors vivre dans la clandestinité.
Son action redouble alors d’intensité.
Son épouse, grâce à ses fonctions à la poste de Gamaches, fournit des renseignements précieux qui permettront de sauver des Résistants, des réfractaires au STO et aussi de situer les agents de la Gestapo et de démasquer les traitres et les indicateurs.
Ils sont sauvés par la libération. Marcel participe aux combats de la libération et avec Gaston Leroy met sur pied un Comité local et un Conseil provisoire de Libération.
En 1945, il fonde la section locale de l’ANACR dont il devient le Président jusqu’à sa mort.

Il a reçu de nombreuses décorations pour ses éminents services dans la Résistance :

Médaille de la Résistance
Croix du combattant
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Médaille inter-alliée des États-Unis et de l’Empire britannique
Croix de guerre belge
Médaille commémorative du Général Eisenhower
Il est décédé le 07/10/1985

 

 

Odette Dumont a épousé Marcel Oisemant le 7 décembre 1932.
Elle a exercé le métier de receveuse des postes à Feuquières et surtout à Gamaches.
À la fin de l’année 1942, elle adhère en même temps que son époux au Front
National. Elle ne cessera jamais jusqu’à la Libération son action sérieuse et efficace contre l’occupant nazi.
Elle accueille dans sa maison route de Beauchamps (devenue Grande rue puis rue
Charles de Gaulle) de nombreux résistants en difficulté dont certains recherchés par la Gestapo.
De jour comme de nuit, elle leur donne le gîte et le couvert, soigne leurs blessures
et assure les liaisons.
Elle héberge aussi des aviateurs alliés abattus sur les côtes de la Manche et assure
leur transfert vers un centre clandestins de rapatriement sur l’Angleterre.
L’animation qui règne autour de la maison leur vaut, à elle et son mari, d’être
dénoncés.
Un matin, 4 allemands investissent les lieux. Marcel Oisemant s’échappe in
extrémis.
Odette est interrogée et frappée mais ne dira rien, elle qui connaît toute l’organisation du groupe de Résistance.
Libéré et en l’absence de son mari alors entré dans la clandestinité, elle continue à
assurer les liaisons et à renseigner la Résistance. Grâce à ses fonctions à la poste de
Gamaches, elle fournit des renseignements qui permettent de sauver de nombreux
Résistants, des réfractaires au STO et de démasquer des indicateurs.
Elle est décédée le 16 janvier 1971.
Elle méritait d’être honorée.
Le ministre des Anciens Combattants lui a décerné à titre posthume :
la Croix du Combattant de la guerre 1939-1945
la Croix du Combattant volontaire de la Résistance

 

 

Le 2 septembre 1944, à 10h30, Gamaches est libérée par les Francs-Tireurs-Partisans. Simone Peteau, alors tout juste âgée de 18 ans, faisait partie du groupe des libérateurs. Cinquante ans après, elle confie ses souvenirs de Résistante.
Petite et fluette, Simone, la fille des boulangers de Gamaches, ne manquait pourtant pas de caractère. À 16 ans, la « Blondinette » était un phénomène : accompagnée d’un groupe de camarades de son âge, elle allait dessiner des croix de Lorraine ou des « 1918 », rappelant la victoire française, sur les murs de la ville. Et elle ne s’est pas
arrêtée à ces expériences nocturnes, puisqu’en 1943, recommandée par un ami, elle a signé l’engagement des FTP et est devenue l’une des rares femmes résistantes de l’époque.
C’est donc en libératrice qu’elle a pénétré dans Gamaches le 2 septembre 1944 au matin, avec d’autres membres des FTP qui encadraient fièrement les Allemands qu’ils venaient de faire prisonniers. Car, contrairement
aux autres villes du Vimeu, Gamaches a été libérée par les Résistants avant l’arrivée des chars canadiens et Simone Peteau était de ceux-là.
Pourtant, rien ne prédestinait la petite Simone à un tel parcours. « Toute jeune, j’étais paresseuse. Je craignais beaucoup les Allemands » raconte-t-elle. Frayeur tout à fait compréhensible quand on sait que son grandpère, qui avait fait la guerre de 1870, lui racontait que les Allemands essayaient toujours de couper les oreilles !
Simone n’était donc pas téméraire. Mais au début de la guerre, des Allemands sont venus s’installer dans la boulangerie familiale ; elle les rencontrait donc tous les jours et d’un seul coup sa peur s’est envolée. « Je les regardais fièrement dans les yeux et leur parlais sans crainte. Mais je ne les aimais pas », se rappelle Simone. Et
quand, en avril 1941, elle apprend la mort de son oncle adoré, fait prisonnier par l’ennemi, c’est le déclic. « Il fallait que je venge mon oncle », affirme-t-elle, une pointe d’émotion présente dans la voix. C’est ainsi que Simone Peteau a tout tenté pour se faire engager dans la Résistance. Et elle y est parvenue, malgré les difficultés
rencontrées pour entrer en contact avec cette organisation clandestine.
Un courage à tout épreuve Simone est alors devenue agent de liaison à l’âge de 17 ans. Son rôle consistait à porter des messages ou même des armes à des personnes que, souvent elle n’avait jamais vues. « On ne me donnait jamais le nom des gens
que je devais rencontrer. On me disait par exemple de me rendre au troisième virage d’une route connue, à 9 h du matin. J’y allais et là, je donnais le message à la personne présente », raconte l’ancienne résistante. Généralement
elle apprenait les messages par cœur, même les plus incompréhensibles, afin qu’il ne reste aucune preuve matérielle ; et elle se les récitait tout au long du trajet pour ne pas les oublier.

De telles missions comportaient beaucoup de risques et pourtant, la jeune Simone les remplissait tout naturellement sans peur. Maintenant encore, elle répète étonnée : « Mais pourquoi aurais-je dû avoir peur. Qui pouvait savoir que je faisais de la résistance. J’avais toujours de bons prétextes pour sortir ». Un tel sang-froid peut
étonner. Mais il faut dire que chez les Peteau, la Résistance était une affaire de famille. Les parents refusaient du pain aux Allemands qui n’avaient pas de tickets et en apportaient gratuitement aux familles de réfractaires ou de
prisonniers qui en avaient besoin.
Ainsi Simone est toujours restée lucide ; une qualité qui lui a sauvé la vie à 2 reprises. Le 17 août 1944, d’abord, quand les ennemis recherchaient des Résistants à Gamaches et avaient réuni toute la population sur la place. Ce jour là, un Allemand s’est approchée d’elle pour la questionner ; aidée par sa petite taille, elle a tout
simplement joué la fillette innocente qui ne savait rien et n’a pas été arrêtée. La veille de la Libération ensuite.
Alors qu’un soldat ennemi la mettait en joue en pleine rue, elle réussi à se faufiler par une porte qui s’ouvrait, avant que le coup ne parte. « Il aurait été dommage de mourir un jour avant la libération », s’exclame aujourd’hui, avec beaucoup d’humour Simone Pruvost née Peteau.
Heureusement, ces incidents ont vite été effacés par la liesse du 2 septembre. À 10h30, les Résistants ont pénétrés dans Gamaches pour libérer la ville suivi de peu par les chars canadiens.
Madame Pruvost ne peut pas oublier ce moment : « On s’est tous rassemblés dans la salle de la gendarmerie et là, on a bu du champagne. Comme il n’y avait plus de chaises, je me suis assise sur les genoux d’un canadien qui parlait picard. C’était une vraie coïncidence ! ».
Mais outre ces moments de joie, l’ancienne membre des FTP se souvient aussi de toutes les horreurs de la guerre. Comme beaucoup, elle pardonne, mais elle n’oubliera jamais.

 

 

 

Léon Rosant vient d’une fraterie nombreuse, huit enfants, et gère la ferme
familiale après le décès de son père en 1939.
1940, c’est la guerre suivie de l’effondrement militaire qui aboutit à l’armistice
demandé par le Maréchal Pétain et l’occupation du pays en général et de notre région
en particulier.
Situation que Léon n’accepte pas et décide de résister à l’occupant mais ne
trouve pas de suite la porte d’entrée dans la Résistance.
En attendant, il agit seul. C’est ainsi qu’il réussit à récupérer les fusils de chasse
entreposés au château qu’occupe les nazis momentanément absents. Mais cette
action fut un échec, car dénoncé par la bonne, lui et son copain furent arrêtés,
emmenés à la Kommandantur de Gamaches et condamnés à 3 mois de prison ferme.
À l’issue de cette peine, Léon reste quand même décidé à résister mais pour cela,
il fallait connaître quelqu’un. Et ce quelqu’un, ce fut Marcel Dolique, un des
Résistants de Gamaches qui lui dit : « Tu sais piot, tu peux venir avec nous ».
Dès lors la vie de Léon sera rythmée par les travaux à la ferme et ses activités de
Résistant au sein de la 3ème Compagnie des FTP du Vimeu et elles sont nombreuses.
Nous retiendrons qu’il a réussi à subtiliser une caisse remplie de mines que les
soldats avaient déchargée -mines qui serviront à des actes de sabotage-.
Léon fournit aussi deux mines à Marcel Oisemant pour saboter la laiterie de
Monchelet.
Juin 1944, c’est le débarquement des Alliés. Léon et sa Compagnie participent à
l’insurrection nationale : leur mission était de couper toutes les routes pour retarder la progression des troupes nazies. Et c’est ainsi que Léon a semé des clous sur la côte de Guerville troublant la progression des cyclistes nazis se rendant sur le front de
Normandie.
Il participe aussi à la capture de soldats nazis à Monchaux, ce qui permit d’armer
tous les Résistants du groupe.
Mais la joie de la Libération fut assombrie pour Léon Rosant qui fut touché par
une balle nécessitant son hospitalisation pendant un mois.
Pour sa participation dans la Résistance, il reçoit La Croix du Combattant et la
médaille de la Résistance.
La paix revenue, Léon se consacre à nouveau à sa ferme, à sa famille
nombreuse. Avec son épouse, il donnera à leur 8 enfants une solide éducation.
Ainsi par son refus d’accepter l’armistice, par son adhésion à la Résistance et à
ses valeurs humanistes, Léon Rosant rejoint les rangs de tous ceux qui ont osé dire
Non
Non à l’abaissement
Non à la servitude.
Il décède le 20 septembre 2012.

 

Pierre Sellier, né le 26 février 1925, vient d’une famille de 7 enfants dont le père était gardeforestier.
Comme tous les enfants, il fréquentait l’école primaire de Tilloy et en sortit muni du certificat d’études primaires pour entrer en apprentissage. Itinéraire commun pour les enfants de l’époque.
1940. C’est la guerre et l’invasion du pays à la suite de l’étrange défaite aux
conséquences multiples : une France divisée, une France occupée.
Pierre Sellier n’accepte pas cet armistice. Il tente de passer en Angleterre. Il échoue aux portes de la frontière franco-espagnole. C’est donc le retour au point de départ où il entre immédiatement en contact avec les FTPF de la région de Gamaches.
Il est affecté à la 3ème Compagnie dans une des sections les plus combatives.
Dès lors il participe à des actions de déraillement des trains à Quesnoy, Valines, Fontaine et en particulier à celui d’Hangest où plusieurs dizaines de blindés ennemis furent mises hors combat.
À ces actes de sabotages s’ajoutent ceux d’attaques frontales des groupes nazis dans les régions de Gamaches, Vismes, Oisemont, Soues, Airaines.
Toutes ces opérations militaires ou de liaison figurent dans l’ordre de bataille signé par le commandant Loisy-Jarnier.
1944. Il participe aux combats libérateurs avec son unité.
Enfin, il passe de l’armée de l’ombre à l’armée nationale en souscrivant un engagement pour la durée de la guerre le 02/10/44. Il est alors agé de 19 ans.
Ainsi par son refus d’accepter la défaite, par son entrée dans la Résistance, Pierre Sellier a rejoint les rangs de ceux qui ont osé dire NON, de ceux qui se sont engagés dans la poursuite de la lutte, engagement authentique puisqu’il se fit face au sacrifice suprême.
Pierre Sellier, comme ses camarades, resteront pour les générations nouvelles un exemple :
*l’exemple d’une jeunesse courageuse qui n’a pas voulu se mettre à genoux devant l’occupant.
*l’ exemple d’une jeunesse capable de transcender les vaines querelles et lutter pour ramener
l’Honneur et la Liberté.

La geste de Pierre Sellier et de ses amis actualise bien la devise de Bertrand Duguesclin
Estoc d’Honnneur
Arbre de vaillance

Il est décédé le 28 janvier 2010 à Harcelaines

 

 

 

 

Monsieur Vaujois né à Ansennes en 1917, l’année des espoirs déçus, était déjà victime de la grande guerre.
Ce conflit fit aussi de lui un orphelin de père. Heureusement, il fut entouré de la tendresse de sa mère, du moins jusqu’à sa 16ème année au cours de laquelle il se retrouva seul.
Il dût alors interrompre ses études pour entrer à la scierie Quenot et assurer son existence en attendant son engagement dans l’armée.
Le second conflit qui éclate va le surprendre servant dans l’artillerie comme officier de réserve. Il participera au combat de l’Ailette dans l’Aisne où s’illustrera sous les ordre d’un certain Charles de Gaulle, général de brigade à titre temporaire. Malheureusement cette victoire fut sans lendemain : ce fut la percée des forces nazies labourant le sol sacré du pays par les chenilles des panzers. Aussi Pierre Vaujois se retrouve seul dans le sud à Périgueux où l’armistice le surprend. Il y est démobilisé.

Il ose dire « non ».

Du célèbre appel du 18 juin, voici ce qu’il répond aux élèves qui l’interrogeaient : « Oui, j’ai entendu l’appel.
Bien entendu, je l’ai approuvé sans réserve et je considérais que la France avait perdu une bataille et non la guerre et que je ferais tout pour continuer la lutte contre l’occupant, ne voulant pas me résoudre à vivre sous le joug des nazis ».
Elèves : « Obeïr à Pétain, c’était rester dans la légalité, suivre de Gaulle, c’était entrer dans l’illégalité. Pourquoi avez-vous fait ce second choix ?
Pierre Vaujois : « Ma réponse à cette question se fonde sur ce que j’appelle la théorie des baïonnettes intelligentes.
Est-ce qu’il faut obeïr à un ordre quand vous considérez que cet ordre est contraire au bien de la nation, au bien du peuple ? Est-ce qu’il faut répondre à cet ordre ? Moi, je dis NON. Ou est-ce qu’il faut répondre à un ordre qui n’émane pas d’une autorité légitime si cet ordre est pour le bien du peuple, pour le bien de la nation et là je dis OUI.
Et moi, en ce qui me concerne, j’ai cru pour le bien de la France qu’il fallait répondre à l’appel du Général de Gaulle. »
Animé de cet esprit combatif, en toute logique, il cherche à gagner l’Angleterre en passant par l’Espagne.
Ayant échoué, il regagne la région de Gamaches.

Parmi les fondateurs de la Résistance

Contacté par un certain « Bretagne » de Ponts et Marais, Pierre Vaujois reprend la lutte. Ecoutons-le :
« C’est en juillet 1941 qu’est né, dans les locaux de la perception (devenue depuis une poissonnerie puis en 2008 des
appartements) de Gamaches sous la houlette de Monsieur Carlier (percepteur et ancien combattant 14-18), le
premier mouvement de résistance structuré. Nous étions 4 à l’époque : Mr
Carlier, Henri Lemaître dit Jules, Gaston
Leroy et moi-même recruté pour les besoins de la cause à la perception. »

 

Dans la Résistance

Pierre Vaujois « Claude », très vite, devient l’un des responsable de la Résistance dans la région. Avec ses chefs de groupe, il organise :
* la recherche de renseignements sur les mouvements des troupes, l’emplacement des pistes de V1, renseignements qu’il transmet à Londres.

* le sabotage des voies de communication et des installations industrielles.
* l’accueil, le refuge et l’évasion des aviateurs alliés abattus dans la région.
Avec l’unification des différents mouvements Pierre Vaujois (Claude dans la Résistance) est appelé à de
hautes responsabilités en entrant à l’Etat-Major des F.F.I., exerçant les fonctions d’adjoint au Commandanr LoisyJarnier.

Vers l’armée de métier.

À l’issue de la guerre, Pierre Vaujois rejoint l’armée régulière. Il abandonnera son grade de capitaine pour celui de lieutenant afin de participer aux différentes formations crées par le Général de Lattre de Tassigny.
Devenu officier d’active, c’est l’Afrique qui l’accueille.
Après un séjour de 3 ans à Bamako, c’est le retour en France où, après un passage à l’école de gendarmerie,
d’où il sort major, il servira encore une fois le pays.
Proposé pour le grade de Général, il y renoncera pour des raisons familiales et entre dans la vie civile comme directeur de relations humaines d’une entreprise multinationale.

Le combattant de l’union et de la paix.

Pour cette vie dynamique au service du pays, de nombreuses décorations , qu’il portait sans ostentation,
constellent sa poitrine. En revanche, il était toujours attentif à maintenir vivantes et actives les associations de Résistants qu’il présidait, veillant avec compétence sur le respect des droits de chacun.
Tâche lourde, tâche parfois ingrate, mais cela ne l’empêchera pas de consacrer de nombreuses heures au Collège Louis Jouvet de Gamaches pour répondre aux élèves candidats au Concours national de la Résistance et de la Déportation. C’était pour lui l’occasion de délivrer des messages de paix, lui dont la jeunesse fut absorbée par la guerre.
C’était aussi pour lui, l’occasion de formuler, sans moraliser, un message simple aux jeunes enfants. Écoutons le encore une fois :
« Il n’existe pas de fatalité. L’amour de la Patrie et la volonté peuvent changer le cours des choses.
Se surpasser pour une cause qui vous dépasse, c’est une leçon d’hier, utile pour aujourd’hui et pour demain.
Nous partirons l’esprit tranquille assurés que les générations futures sauront prendre la relève et perpétuer le souvenir. »
Au terme de cette évocation, nous devons retenir qu’aux heures sombres de notre histoire, il y eut des milliers d’hommes et de femmes qui refusèrent d’abandonner la lutte. Et Monsieur Pierre Vaujois était de ceux-là ; comme eux, il fut le vrai visage de la France c’est-à-dire :
une France de l’honneur
une France de la dignité
une France qui a donné au monde ces idées de Liberté-Egalité-Fraternité qui firent tant de fois le tour de la terre.
Il est décédé fin 2004.

Ses décorations :

Chevalier de la Légion d’Honneur décret du 28/02/49
Officier de la Légion d’Honneur décret du 01/04/74
Commandeur de la Légion d’Honneur décret du 05/07/99
Officier de l’Ordre national du Mérite décret du 13/Sports07/67
Commandeur de l’Ordre national du Mérite décret du 07/05/81
Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile d’argent et palme décret du 06/12/45
Médaille de la Résistance décret du 15/10/45
Médaille commémorative guerre 39-45 avec agrafe France et Libération
Croix du Combattant volontaire guerre 39-45 décret du 06/12/58
Médaille d’Honneur de la Jeunesse et des sports arrêté du 11/07/60
Croix du Combattant volontaire de la Résistance décret du 07/02/54
Croix du Combattant 1939-1945 décret du 10/05/54

 

L’ATTAQUE DE LA PRISON D’ABBEVILLE

Le 22 juin 1944, Abbeville fut le théâtre d’un important fait d’armes de la Résistance,
fait qui reste cependant méconnu. Pourtant, réalisé en plein jour, il témoigne de
l’indicible courage des Francs-Tireurs partisans du Vimeu.
Ce matin-là, un commando composé de 11 hommes n’hésita pas à attaquer la
prison d’Abbeville où se trouvaient 170 détenus dont 70 résistants. Trahis par un traître autrichien -qui s’était présenté déserteur et avait rejoint leurs rangs- certains de ces Résistants avaient été arrêtés chez eux le 16 juin 1944, puis incarcérés à la prison de la capitale du Ponthieu, rue Dumont : André Gaillard, dit Léon (fondateur du réseau dans le Vimeu), sa femme Françoise dite Irma, demeurant à Saint-Blimont ; Fernande Caudron, de Nibas ; André et Louis Haudrechy (et la fille de ce dernier), d’Ochancourt, et leur sœur Louise. Ils appartiennent au Front National (qui n’a rien à voir avec le parti actuel de Jean-Marie Le Pen) ; ce sont des agents de liaison des Francs-Tireurs Partisans (FTP) ; ils cachent des aviateurs alliés.
Se trouvent également dans cette prison Marcel Fuselier, dit Maurice,frère de
Gros-Jean,l’instigateur du commando. Réfractaire au STO, il avait d’abord été
emprisonné à Amiens et avait pu s’échapper grâce à l’opération Jéricho. Il avait retrouvé le maquis du Vimeu et avait à nouveau été arrêté. Engagé dans le 2ème bataillon VIII/2, il décéda lors de l’extraction de la balle qu’il avait reçue dans l’épaule lors du combat précédent da&ns la forêt d’Eu.
Emprisonnés également Aimé Savary, instituteur à Fort-Mahon, le docteur Delbé,
vétérinaire à Rue, Mr et Mme Deschamps et leur fils.
Les renseignements recueillis par les responsables du Front National (dont
Maurice Mallière, qui devint maire d’Abbeville à la libération, Bernard Horen et
Raymond Verdez) ne sont guère brillants : au moins 4 des résistants doivent être
transférés à Amiens pour y être fusillés.
L’état-major s’est renseigné pour mettre en place une opération pour les faire
libérer. Mais devant les risques trop importants (les renseignements recueillis faisait
apparaître la présence d’un poste allemand au sein de la prison), l’idée avait été
provisoirement abandonnée.
Devant l’urgence, Julien Fuselier dit Gros-Jean demande une entrevue à l’étatmajor qui lui permet d’organiser le « coup » mais qualifie celui-ci de suicidaire. Cela
n ‘effraie pas Gros-Jean et ses amis. Julien Fuselier est un dur. Originaire de Prouzel,
ancien cheminot, après avoir failli être arrêté par la Gestapo, il rentre en catastrophe
chez lui, quai de la Passerelle à Amiens. Et devant son épouse éberluée (elle ignore tout de ses activités de résistant), il prend ses affaires et part à bicyclette pour prendre le maquis dans la forêt d’Eu. Très rapidement, il devient le commandant de la 3ème compagnie FTP du Vimeu.
Le 20 juin, au cours d’une réunion chez le chef de gare de Maisnières, l’attaque de
la prison d’Abbeville est décidée. Gros-Jean demande des volontaires ; tous les hommes présents lèvent le doigt.

L’ATTAQUE DE LA PRISON D’ABBEVILLE

Il les remercie mais ne désigne que les officiers et sous-officiers à cause de l’aspect très dangereux de la mission. Le commando comprendra donc : le lieutenant Julien Fuselier,
le sous-lieutenant Robert Richard, un ancien marin, le lieutenant de vaisseau Alphonse
Noyon, l’adjudant-chef Serge Lecul (auteur du livre « Résistance Vimeu 1942-1944),
l’adjudant-chef Charles Sellier, l’adjudant Daniel Lecul, l’adjudant Jean Heux, le sergentchef Aimé Holleville, le sergent Alfred Benoît et le sergent Armel Arouel, un ancien
ouvrier chaisier de Beaucamps-le-Vieux. À cette liste s’ajoute Robert Bertagne, un
officier de l’état-major qui tint à participer à la libération de ses camarades du Vimeu.
Au cours de la nuit du 21 au 22 juin, les hommes quittent le Vimeu pour Abbeville,
empruntant des petits chemins. Ils sont équipés d’un armement lourd : une mitraillette et 5 chargeurs, un revolver P38 et 4 grenades. À 5 heures du matin les membres du commando attendent dans une maison en ruines de la rue Dumont. Commence une longue attente. Silencieux, Gros-Jean doit penser à son frère.
À 7 h15, les Résistants vérifient leurs armes. 3 groupes ont été formés. L’un
constitué de Gros-Jean, Robert Richard, Charles Sellier et Serge Lecul entrera avec le
gardien dans la prison. 7H45 : le gardien Dheilly qui assure la relève arrive. Les FTP le suivent ; il a compris. Il sonne ; son collègue le reconnaît, ouvre la lourde porte. Richard glisse son pied dans l’entrebâillement. Les 4 francs tireurs, mitraillette et grenades en mains, font irruption. Le gardien est rapidement neutralisé. Il confie qu’il n’y a pas de poste de garde. Le téléphone est arraché ;le soldat allemand et les 2 gardiens français enfermés. Bientôt, les membres du commando parviennent à ouvrir les cellules du quartier des hommes, puis celles du quartier des femmes. Embrassades, joie immense.
Mais il faut aller très vite et rester calme. Richard fait sortir les prisonniers par
petits groupes, même les droits communs afin de créer une diversion.
L’alerte ne sera donnée que vers 9 h.
La gendarmerie et la Gestapo libèrent les gardiens et commencent les
interrogatoires. Dheilly ne parle pas mais il sera arrêté 8 jours plus tard et fut incarcéré durant 27 jours.
La plupart des droits communs furent repris et reconduits en prison. Les Résistants
libérés purent fuir, quittèrent la ville par petits groupes et furent hébergés dans des
familles résistantes.
Tous reprirent leurs activités d’opposants à l’ennemi.

 

RÉCITS DE SERGE LECUL
Attaque de la banque de France d’Abbeville
25 juillet 1944

Grosjean (Maurice Fuselier)apprend qu’un arrivage d’argent français (30 millions à
l’époque) a été déposé la veille par le commandant des autorités allemandes avant son transfert vers l’Allemagne. L’informateur qui connaît bien la banque, indique que le moment favorable pour se saisir de l’argent se situe entre 8h45 et 9h au moment de l’ouverture de la chambre forte.
À 8h45, le 25 juillet 1944, 8 hommes sont embusqués près de la banque. Ils arrêtent
un employé qui vient prendre son service avec un agent de police. Menacés par les
Résistants, ils sonnent pour faire ouvrir la lourde porte. Le seuil franchi Grosjean et ses hommes neutralisent le concierge et pénètrent dans la cour. L’employé , l’agent et le concierge sont enfermés dans la loge sous la garde de 2 hommes.
Le reste du groupe pénètre dans la banque, l’arme au poing, se jettent sur le directeur
qui se trouve avec plusieurs employés dans la chambre forte ouverte.
Le directeur remet, sous la menace, les sacs déposés par les Allemands.
Une traction garée un peu plus loin,arrive au signal, et se gare devant la porte de la
banque.
Les sacs y sont placés et emporte l’argent vers une destination inconnue des
Résistants.
Le commando peut s’échapper sans être inquiété.

 

LES REPRÉSAILLES
LA POLICE ALLEMANDE EXÉCUTE 3 RÉSISTANTS
DE LA COMPAGNIE DANS LES BOIS DE CAMBRON

31 juillet 1944
La police allemande interpelle Roger Baudère qu’elle soupçonne d’être l’un des
passagers de la traction avant qui a servi à transporter l’argent récupéré après l’attaque de
la banque de France d’Abbeville.
Les enquêteurs qui le fouille trouvent une arme sur lui, perquisitionnent à son
domicile et découvrent d’autres armes. Ils l’arrêtent avec son père Edmond et un autre
résistant du village Turenne Delaporte., l’un des officiers d’état-major de la 3ème
compagnie.
Ils sont torturés sauvagement afin qu’ils donnent des renseignements sur l’affaire,
mais ils ne parleront pas.
Emmenés dans le bois de Cambron, ils sont abattus d’une balle dans la nuque et
enterrés sur place.
En cette fin de juillet 1944, l’effervescence ne s’est pas ralentie du côté des
Allemands depuis le débarquement. Une fois encore, les Résistants sabotent la ligne
téléphonique Blangy – Le Tréport. Mais cette fois, il est impossible pour eux de se
réfugier chez les habitants, les risques encourus sont trop grand pour eux.
La Gestapo ne baisse pas les bras. Le bilan s’allonge.
Mr Gaston Leroy de Bourseville, Mr et Mme Carette , Mr Painsec tous trois
d’Embreville, Mr et Mme Garbard de Fressenneville et Jean Heux sont arrêtés.
La plupart sont déportés, beaucoup ne reviendront pas.

 

RÉCITS DE GASTON COLIN
Attaque de la gendarmerie de Gamaches
05/05/44

Cet après-midi là, je rentrais à Gamaches, je rentrais de Ponts-et-Marais où j’avais
récupéré, sur ordre de Lemaire, des cachets de mairie (pour les faux papiers) auprès d’une personne, au milieu d’une noce qui était d’ailleurs fort joyeuse. Je rencontre Lemaire qui m’apprend l’arrestation de Maurice Fuselier et de Charles Sellier au café du Bosquet. Il me dit de le rejoindre à la scierie Meurisse. Là nous fixons avec Mr Leroy ex-brigadier de la gendarmerie et beau-père de Jean Meurisse, les modalités et l’heure de l’intervention.
J’attendais donc, ce soir, devant l’entrée du château, ma Sten dans un sac de jute (9
cartouches dans le chargeur, nous n’étions vraiment pas riches). Arrivent Lemaire, Serge et un employé de la scierie.
Nous traversons la grande rue, faisons quelques pas dans une rue latérale à la
gendarmerie, franchissons un premier mur, traversons un jardin potager et le
franchissement d’un 2ème mur nous amènent devant la gendarmerie.
Lemaire commande « Les mitraillettes en avant ». Nous fonçons, Serge et moi, vers le bureau. J’entends au passage, venant d’une cellule, une exclamation joyeuse « Les voilà ».
Nous ouvrons brutalement la porte du bureau en criant « Haut les mains ». Dans le bureau se trouvent 2 inspecteurs de la PJ terrorisés et le chef de la brigade qui laisse tomber le téléphone. Nous désarmons tout le monde.
Un bruit de course derrière nous. Serge près de la porte se précipite et ramène un
3ème inspecteur qui, sortant des toilettes’ avait tout compris et avait été arrêté dans sa fuite par le portail donnant sur la grande rue, fermé à clef.
Lemaire et le brigadier vont délivrer les prisonniers et nous voilà tous dans le
bureau.
Beau sermon et menaces de Lemaire aux 3 inspecteurs quand arrivent dans le
bureau 2 gendarmes venant de leurs appartements et qui déposent, sans mot dire, leurs armes sur le bureau. Tout ce monde est enfermé dans une cellule et nous quittons la gendarmerie, sans problèmes en emportant les armes de la PJ.
Je donne rendez-vous à Sellier car nous devons quitter Gamaches.
À la nuit tombante, nous partons pour Guerville où nous nous planquons chez
Alfred Vast.
Ainsi je quittais le 1er groupe FTP que j’avais commandé pendant environ 1 an.
Après quelques actions en Seine-Inférieure (Seine Maritime), je rejoignais le Vimeu
pour y poursuivre la lutte.
Le 1er groupe FTP de Gamaches se composait avec moi, de Jacques Lerouge,
Robert Duchaussois et Roger Hardy. Plus tard, pour motoriser mon groupe, j’ai recruté Charles Sellier et Marcel Dolique qui possédait une camionnette.

 

RÉCITS DE GASTON COLIN
Destruction de la voie de chemin de fer au Pont de Béthune à Abbeville
nuit du 7 au 8/03/44

Le 7 au soir, accompagné de Jacques Lerouge, je me rends au rendez-vous fixé par
Lemaire afin d’y rencontrer d’autres FTP. Nous y rencontrons les 2 gars qui me
surprennent par leur élégance. L’un d’eux avait même des bottes de cuir jaune. Jacques et
moi, nous étions en habits de travail.
C’est ainsi que nous fîmes connaissance des frères Lecul.
À Abbeville, Jacques et moi attendons les ordres dans les courants d’air glacés des
ruines de l’église Saint Vulfran.
Enfin regroupement. Arrivés sur le pont, Jacques et moi assurant la surveillance de
l’extrémité nord, les 2 frères à l’extrémité sud. Les 2 autres dont Lemaire (je ne me
rappelle plus qui était le second) posent les explosifs sous les rails.
Retraite, dispersion par petits groupes.
Bruit de locomotive. Grande lueur rouge, explosion.

 

RÉCITS DE GASTON COLIN
Sabotage du transformateur HT de Beauchamps,
nuit du 29 au 30/04/44

Vaujois et Lemaire ont décidé de saboter cette installation. (transformateur Haute Tension, situé à Beauchamps au lieu-dit Le Lieu-Dieu)
Nous avions des mines anti-char (Tellermine), des détonateurs mais pas d’allumeurs (nous n’étions pas riches à l’époque, l’aide anglo-américaine n’arriverait qu’en juillet).
À la perception de Gamaches, je soumets à Vaujois un système d’allumage que j’ai conçu. Mr Carlier, percepteur et présent à l’entretien, m’invite à le tester dans sa chambre forte. L’essai est concluant.
Portant les explosifs dans un sac à dos, je rejoins à pied, la nuit, le reste du groupe dans un hangar situé de l’autre côté de la route, face à l’usine électrique.
Nous entrons par une petite porte latérale, neutralisons les 2 gardiens civils dans la salle de commande.
Je pose les mines sous les 2 plus gros transformateurs, pendant que les gardiens sont amenés à l’abri de l’explosion.
Décrochage et dispersion par petits groupes. Sur le chemin du retour, j’étais inquiet car l’explosion tardait et je craignais un mauvais fonctionnement de mes allumeurs. Nous étions environ à 2 km de Beauchamps,
quand enfin une grande lueur rouge envahit le ciel et le grondement de l’explosion nous parvient.

 

 

Récit de Jacques Fauquet, résistant 3ème compagnie du Vimeu
Combat du 28 août 1944

Nous sommes en embuscade en haut d’un talus qui domine la route de BlangyGamaches et mitraillons une voiture allemande qui percute un fossé.
À ce moment arrive au loin un convoi formé de plusieurs camions qui s’arrêtent,
leurs occupants ayant compris la situation. Ils lancent des fusées éclairantes et ouvrent un feu nourri sur nous.
Devant une telle attaque, nous sommes obligés de décrocher au plus vite.
Notre repli s’effectue au prix d’un mort et de trois blessés. Nos camarades restés dans la forêt assistent à ce combat grâce à la lumière des fusées et se tiennent prêts à nous couvrir du tir des mitrailleuses lourdes. Mais les Allemands qui ne connaissaient pas les effectifs qu’ils ont en face d’eux, n’essaient pas de nous poursuivre et leurs véhicules reprennent aussitôt la route.
Le bilan de ce combat est sévère pour nous. Nous avons un mort Delignières
(Marcel?) , et trois blessés : Marcel (Dolique ? ou Oisemant?)a reçu une balle à l’épaule, Xavier (?) est touché à la main et André qu’il faut évacuer rapidement vers une clinique privée est touché au ventre
Récit donné par Alain Fauquet, fils de Jacques Fauquet

 

Récits de Mr Jacques Lerouge
écrit à la demande de Mr Bureau président de l’ONAC

Avec 2 autres camarades nous avons décidé de faire quelque chose pour
s’opposer à l’ennemi.
Grâce à une jeune fille, Simone Peteau qui avait pour amie la femme d’un
employé de chemin de fer qui était d’accord pour nous fournir tous les
renseignements et même les outils nécessaires- plusieurs opérations sur la ligne Parisle Tréport et la ligne de Longpré. Mais nous avons été dénoncés à la gare.
Les employés et les allemands sont montés inspecter la ligne et poursuivant les rails
ont trouvé les sabotages de la vraie résistance.
Si nous ne les avions pas trouvés, eux nous ont trouvé et incorporé (Pierre
Vaujois et Henri Lemaire). Mis à l’épreuve, nous avons attaqué la perception de
Blangy-sur-Bresle.
Plus tard ce fut le bureau de poste dudit lieu.
Nous avons porté des tracts, Picardie Libre à Amiens, attaqué les mairies pour les
tickets de rationnement, continuer les déraillements à Abbeville avec les frères Lecul
et Henri Lemaire (Jules dans la Résistance) par exemple le déraillement sur le pont de Béthune
Nous avons aussi fait sauter les rampes de débarquement dans les gares
(Gamaches), mis dans l’incapacité de produire les laiteries (Monchelet), détruit la
scierie Pollet à Gamaches, la scierie Quenot à Monchaux, Wattebled-Longuent à
Maisnières, Madrière à Ansennes.
Tout ce dont les allemands avaient un besoin urgent.
Nous avons également fait sauter 2 locomotives au passage à niveau de la ligne de
Longpré, les ponts sur la Bresle étaient neutralisés.
Les 4 camarades premiers résistants : Colin Gaston (Max) 26/01/27, Duchossois
Robert (Charles) 26/03/27, Roger Hardy (?) 26/04/27, Lerouge Jacques (Pierre)
26/02/27

 

 

 

LA LIBÉRATION DE GAMACHES
2 septembre 1944

En fin de juillet 1944,l’effervescence n’est pas ralentie côté allemand.
Les Résistants ne peuvent se cacher chez les habitants car le risque est trop grand.
Gaston Leroy, Carette Paulin, Mr et Mme Gabard, Mr Painsec et Jean Heux sont arrêtés.
La plupart seront déportés et beaucoup ne reviendront pas.
Une décision capitale est alors prise : nous regrouper dans la forêt d’Eu.
60 hommes, à pied avec toutes les armes qu’ils ont pu récupérer, marchant de
chaque côté de la route arrivent dans la forêt sans avoir été repérés. Le ravitaillement
sera résolu grâce à un marchand de porc de Bouillancourt, Mr Godefroy et aux fermiers du voisinage.
Les hommes qui forment la Compagnie viennent les rejoindre et la 3ème Compagnie du Vimeu est alors au complet : 7 officiers, 22 sous-officiers et 160 hommes.
Cette compagnie va faire ses premiers prisonniers en attaquant une batterie de D.C.A. Près de Bazinval afin de récupérer des armes lourdes. Les serveurs de la batterie seront leurs premiers prisonniers qu’ils cantonnerons dans un enclos faits de barbelés récupérés sur les clôtures des pâtures avoisinantes. Ils ramenèrent également de cette expéditions 2 mitrailleuses lourdes et leurs munitions et les armes des soldats prisonniers.
À partir d’août 1944,les harcèlements contre l’ennemi s’amplifient. Les hommes de
la 3ème compagnie du Vimeu attaquent les convois se dirigeant vers la côte, empêchant
ainsi le ravitaillement des troupes allemandes en Normandie. La ligne Blangy – Le
Tréport est rendues inutilisable, les panneaux routiers sont détruits ou inversés, les
communications téléphoniques sont coupées, les routes sont jonchées de crève- pneus afin d’attaquer les occupants des voitures dès leur arrêts.
La nuit du 28 août, les Résistants mitraillent une voiture allemande sur la route
Blangy – Gamaches. Un convoi allemand formé de plusieurs camions arrivant au loin, les occupants ouvrent un feu nourri sur la compagnie qui se replie dans la forêt. Le bilan de cette attaque est lourd : un mort, Delignières et trois blessés Marcel Fuselier, un homme blessé au ventre et un touché à la main.
Fin août, l’effectif de la compagnie s’élève à 189 hommes + 10 sortis de prison, 5
aviateurs américains abattus aux alentours. Il y a 60 prisonniers allemands.
Le 2 septembre 1944 l’ordre est donnés à la Compagnie de libérer Gamaches.
Le matin, encadrant nos prisonniers, les Résistants de la 3ème compagnie du
Vimeu sortent de la forêt.
Après quelques escarmouches avec des tireurs isolés, Gamaches est libérée à midi.
Quelques heurs plus tard, les résistants et les habitants de la ville accueillirent avec
joie et honneur les premiers éléments blindés de l’armée canadienne.

 

 

Remerciement Mr Jean Camus Gamaches

 

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3 reflexions sur “La Résistance dans le Vimeu

  1. Narzis

    Cela me rappel les récits de mon grand-père, Émile Grosjean qui était lui même résistant. Le jour où il a commencé à me raconter des histoires de résistance j étais très fier, par la suite quand j ai eu mon permis, je l emmenais le mercredi après midi et il me montrait les différents endroits où il avait participé.
    Il y avait dans ces yeux beaucoup d émotions, je m en souviens comme si c’était hier.
    Dans ce texte, je reconnais particulièrement l assaut sur bazinval et la longue marche en lisière de forêt.
    Bref, grosse pensée à mon grand père et ces amis.
    Steph

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