Gamaches la Filature de coton Saint Frères

La Filature… tout le monde en parle encore, mais on parle du quartier de la Filature. Les Anciens eux parlent de la Filature… de l’usine. Alors, pour approfondir les souvenirs, les : « y paraît, dans le temps…» j’ai rendu visite à Madame Fernande Cartelot-Delabre et à Monsieur René Lecul, ensemble nous avons retracé une page d’histoire écrite, mais aussi une page d’histoire photographique exceptionnelle.

 

Mais revenons a la Fondation qui est l’œuvre d’une Société Anglaise ; à l’époque clic est construite en bois ; un incendie la détruit ; elle est reconstruite en briques et tenue par les « Imbert » des personnes de la région Lilloise.

Puis en 1884, achat par Saint Frères de la Filature. C’est cette période que nous allons retracer. En 1884, le grand patron est Monsieur Pierre Saint, son premier employé fut Monsieur Adam Lecul, responsable de la machine à vapeur (force motrice). Il était le grand-père de Monsieur René Lecul. La machine à vapeur est alimentée par le charbon (environ 10 tonnes par jour) et celà jusqu’en 1928 environ date à laquelle on électrifia l’usine. L’usine était éclairée de 5000 ampoules qui étaient alimentées par la turbine qui existe encore (1986). C’était une filature de coton, elle était approvisionnée par du coton en provenance de la Louisiane et des Indes. Arrivage en Gare de Gamaches, puis transformation en fil à l’usine. Les principaux clients se trouvaient dans les régions de Troyes et de Lyon. Les directeurs de la Filature Saint-Frères de 1884 à 1939 furent Messieurs Gelly, Chrétien, Pfeiffer, Gambier. Les derniers contremaîtres de l’époque 1930-1939 étaient :

Pour les cardes et étirages : Messieurs Alfred Lemire et Victor Délabré ; aux renvideurs et continus : Messieurs Georges Pelletier et Gilbert Nicolas ; au dévidage : Monsieur Georges Conté ; le chef électricien : Monsieur Fernand De-labre ; le chef comptable : Monsieur Paul Lecul ; les turbiniers : Messieurs Gustave Bocquet et Théodore Lecordonnier ; le veilleur de nuit : Monsieur Séraphin Hy et le concierge : Monsieur Oscar Mansion.

 

 

 

La Filature employait 320 personnes dont la majorité étaient des femmes (250 environ) et celà juste avant sa cessation d’activité, a cette époque, on travaillait 48 heurs par semaine et l’on faisait la semaine anglaise (c’est à dire que ’on finissait de travailler le samedi 10 heures). Les salaires étaient de 350/400 francs par quinzaine pour un fileur, une femme gagnait 250 francs par quinzaine et un ouvrier le cour 1,92 de l’heure. Monsieur lecul se souvient que le personnel venait travailler à pied de Longroy, la Tuilerie et Monsieur Hasard de Grandcourt !

 

 

Les ouvriers de la filature de Gamaches devant les grilles de l’usine en 1936

 

Au château logeaient le chef comptable, les contremaîtres de filature et du dévidage. Ils étaient logés et éclairés : la semaine éclairage jusque 22 heures et les samedi, dimanche, minuit.

Certains ouvriers habitaient aux quatorze et aux sept maisons
ainsi qu’à la Pologne, habitations qui appartenaient aux Saint Frères.

 

Avant 1930, date d’application des assurances sociales, un service social fonctionnait avec une mutuelle qui assurait le médecin et le pharmacien gratuitement et cela pour 2 F la quinzaine. Les allocations familiales Saint-Frères étaient de 0,50 F par enfant, à la naissance, une prime de 5 F plus une layette de 25 pièces pour habiller l’enfant.

Les Saint Frères, c’étaient 26 usines et 600 succursales dans le monde entier. Puis la deuxième guerre mondiale a frappé, des bombes incendiaires détruisirent l’usine, c’était le 13 Mai 1940.

 

Photo des ruines de la Filature après le 13 mai 1940

 

 

 

 

 

Souvenirs Jean DUHAMEL

 

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2 reflexions sur “Gamaches la Filature de coton Saint Frères

  1. Cedomir VASIC

    Bonjour.

    Plus de dix ans je m’occupe de l’oeuvre photographique des de Jongh frères de Neuilly près Paris. Actuellement je suis en train de constituer un catalogue général de leur oeuvre.
    Je viens de découvrir sur votre site une photo représentant Maison Saints Frères, Usine de Gamaches en 892
    Pourriez-vous me dire où se trouve cette photo et il y en a d’autres dqns vos archives?
    Merci pour votre patience et l’aide.

    Cordialement
    Cedomir Vasic
    Université des Arts; Belgrade

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