Crash d’un appareil de la Egyptian Air Force a Monchaux-soreng

Le 18 novembre 1933, Il est 12h30 quand une escadrille égyptienne de dix appareils quitte Lympne (Kent,Angleterre),sous la conduite du commandant major Taite,pour gagner Le Caire via Paris,Lyon,Marsseille sur des avions Anglais Avro 626.
A 15 heure seul 7 avion atteignent le Bourget où ils sont reçus par le ministre d’Egypte Fakhry pacha

Peu aprés l’arrivé au Bourget ont apprend qu’un appareil manquant ces posé à Villacoublay (située au sud-ouest de Paris)

L’appareil des aviateurs Eilewall et Smith, se trouvait entre Frettemeule et Vismes-au-Val (Somme) quand, à la suite d’une panne de moteur, le pilote chercha à atterrir. Dans cette manœuvre, l’avion capota et prit feu. Les aviateurs Eilewall et Smith purent se dégager à temps, mais l’avion a été complètement détruit.

Vers 13h15,le dernier avion survolait la commune de Monchaux-Soreng,et suivait la ligne de chemin de fer lorsque son moteur bafouilla. Le pilote voulut atterrir. En s’approchant du sol, l’avion passa près d’une ligne électrique à haute tension, on ignore s’il l’accrocha, car elle ne fut pas détériorée. Toujours est-il qu’il prit subitement feu et, après un premier contact avec le sol, il fit un nouveau bond de quinze mètres et alla s’abattre près d’un gardien de bestiaux nommé Lefranc qui, voyant ses vêtements s’enflammer, faillit perdre la raison.
Deux cultivateurs qui, de loin, avaient assisté à la chute de l’avion, accoururent, mais il leur fut impossible de porter secours à l’aviateur et à son passager, le lieutenant Fouad Haggag et le sous-officier Chouhdy Doss,qui furent tous deux carbonisés. Dans les débris de l’appareil, on a découvert une chaussure de football.
Le maire de Monchaux a alerté le capitaine de gendarmerie de la ville de Neufchâtel, qui a prévenu la légation d’Egypte à Paris.
Les corps des aviateurs ont été déposés dans l’église de Soreng. et seront dirigés demain dimanche sur Paris

Avro 626

18 septembre 1934. — Aujourd’hui a eu lieu à Monchaux-Soreng, près de Blangy-sur-Bresle, une cérémonie à la mémoire des deux aviateurs de l’Egyptian Force, Haggag et Doff, qui ont été carbonisés dans un accident d’aviation le 18 novembre 1933.

C’est pour rendre hommage à la mémoire des braves aviateurs qui trouvèrent une mort si cruelle à Monchaux-soreng que le ministre égyptien s’est rendu ce matin dans cette commune.
À 11h30 a eu lieu à Monchaux-soreng en présence de Fakhry-pacha ministre d’Égypte à Paris, du général Tulasne, représentant du ministre de l’air et commandant de la deuxième région aérienne, du préfet de la Seine inférieure et d’une délégation d’officiers de l’armée de l’air égyptienne.
Une manifestation à la mémoire des aviateurs Doff et Haggag les deux victimes de ce tragique accident
après que Monsieur Le beau préfet de la Seine- inférieure eut déposé une magnifique gerbe de fleurs cravatées aux couleurs nationales et que Fakhry-pacha et la délégation égyptienne eurent également déposé deux couronnes de lys et d’oeillets rouge à l’emplacement même ou périrent les deux aviateurs
Au cours de la cérémonie, Fakhry-pacha a prononcé l’allocution suivante :

 Monsieur le préfet. Messieurs les représentants des ministres des affaires étrangères, de l’intérieur, de la guerre et de l’air, Messieurs-les maires, Messieurs Des bords lointains, du Nil, nous venons accomplir le pèlerinage de cette terre de la Seine-Inférieure et commémorer avec ferveur le souvenir de nos regrettés aviateurs, le premier lieutenant Fouad Haggag et le sous-offioler Chouhdy Doss, Au nom de Sa Majesté- le roi, notre auguste souverain, et au nom de notre pays, nous nous inolinons pieusement devant les ailes brisées de Haggag et de Doss, et nous déposons, sur les lieux de l’accident, ces belles roses de France, dont la teinte rouge rappelle à nos yeux leur sang généreusement versé au service de l’Egypte et dont le parfum subtil et fin enveloppe nos cœurs d’une atmosphère de baume et de réconfort. Haggag et Doss, unis à jamais dans la mort comme’ dans la vie, deviennent un emblème vivant de l’unité nationale, et fournissent la preuve que mes oompatriotes, musulmans et non musulmans, constituent le peuple du Nil, au même titre que- les deux corps aériens composant l’eau du Nil Au point de vue extérieur, la perte cruelle des deux aviateurs a été l’ocasion d’un témoignage émouvant de l’amitié séculaire entre la France et l’Egypte. Les corps des deux héros de l’air reposent dans le sol de l’Egypte, mais je suis certain que leurs âmes se mêlent aux ailes françaises qui planent au-dessus du lieu de l’accident, tels des oiseaux du ciel autour d’un camarade tombé au sol. Depuis la journée tragique du 18 novembre, dix mois se sont déjà écoulés. Si nous ressentons aujourd’hui une douleur aussi vive que le jour de leurs perte, je dois ajouter que le souvenir de la sympathie que la France a témoignée ‘à l’Egypte demeure impérissable dans nos cœurs.Le sens à dégager de cette cérémonie est que bien des affinités méditerranéennes et des souvenirs communs, nous rapprochent. Parmi ces souvenirs, je voudrais mentionner les débuts de l’aviation. C’est, en effet, dans l’azur du ciel d’Egypte, que le grand préourseur de l’aviation; Mouillard a étudié le vol des vautours et des milans, et dégagé les principes fondamentaux du vol plané. Une statue élevée à Heliopolis à la mémoire de Mouillard témoigne de l’hommage de l’Egypte au génie français. C’est en 1913,- que le monument Mouillard fût inauguré par Sa Majesté le roi, mon auguste souverain. Bien avant son accession au trône des Pharaons, le prince-recteur de notre université nationale se montrait déjà le protecteur des arts, des sciences et des lettres. \ Je suis Heureux que l’un des promoteurs du monument Mouillard, en même temps, l’un des doyens de la colonie française du Caire, mon distingué collaborateur, M. Antoine Bianchi assiste à cette oérémonie à mes côtés. Au nom de l’armée égyptienne de l’air, je salue les glorieuses ailes françaises, et au nom de l’Egypte, j’exprime mes sentiments reconnaissants à la France. Après ce pèlerinage
Mr Le Beau adresse à son tour un souvenir ému aux deux pilotes morts sur la terre de la France. Le préfet tint à souligner que c’est justement dans le malheur que se resserrent les liens d’union entre les pays et assure au ministre d’Égypte de l’amitié des Français pour le peuple égyptien.
Puis Fakhry-pacha au nom du roi d’Égypte décore plusieurs personnes présentes de l’ordre du Nil
Au moment où se terminait la cérémonie une escadrille du Bourget vint survoler les lieux de l’accident et jeta une gerbe de fleurs à la mémoire des aviateurs morts dans ce terrible accident.

18 septembre 1934. —Monchaux-Soreng, cérémonie à la mémoire des deux aviateurs

Fakhry-pacha ministre d’Égypte à Paris

19 avril 1937 -S. M. le Roi Farouk, a ccompagné de S. Exc. Fakhry pacha, son ministre à Paris ; de Hassanein pacha, gouverneur de la Maison royale; du colonel Fathy bey, son aide de camp; du docteur Kakraoui, son médecin, s’est rendu hier matin au musée du Louvre, où il a visité le département des antiquités égyptiennes.
Dans l’après-midi, le Roi a reçu en audience la Princesse Chivékiar, Ilhamy bey et M. Vahdiddine.Le Roi d’Egypte et sa suite ont quitté, à quinze heures trente, le Crillon, ou ils étaient descendus, se rendant à Calais par la route.

Il s’est arrêté à Monchaux-Sorreng, où deux aviateurs de l’armée égyptienne de l’air, le lieutenant Fouad Haggag et le sous-officier Chouhdy Doss, ont trouvé la mort le 18 novembre 1933. Acueilli sur les lieux de l’accident par Fakhry pacha, entouré des autorités locales et de M. Joseph Bailly, maire de Monchaux-Sorreng, le Roi Farouk a déposé une couronne cravatée d’un ruban aux couleurs nationales d’Egypte, portant l’inscription : c Farouk I », Roi d’Egypte ». Après un moment de recueille ment, le souverain est parti pour Calais

 

S. M. le Roi Farouk

                                                                                                                     

source:  journaux de l’époque

 

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Une réflexion au sujet de “Crash d’un appareil de la Egyptian Air Force a Monchaux-soreng

  1. HEUX Francis

    Les avions, les tenues d’apparat ; on a l’impression que c’était il y a plusieurs siècles… Moins de dix ans après, ce sera les Spitfires acrobatiques et les jeunes aviateurs relax au casque de cuir.

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